mardi 12 février 2008

Elles

Un samedi soir comme un autre…
Seul, aucune motivation, rien à faire chez soi… comme tous les jours en fait.
Toujours ce regard plongé dans le passé.

Bon… c’est bon on ne va pas s’enterrer la, on m’a proposé une soirée, ça peut être sympas de voir trois ou quatre potes, je ne rentrerais pas tard… je suis déjà pas motivé alors je ne vais pas me forcer.

Pas de rasage, ni visage ni crane, pas de tenue spéciale… je ne vais pas non plus perdre du temps à me faire une beauté pour une soirée banale ou je vais voir personne de particulier.

Trente kilomètres plus tard je suis devant la porte.
Etrange… il y a du monde à entendre l’ambiance derrière ces murs.
Je suis comme chez moi la bas, je ne frappe pas, j’entre.

Ouah. 23 Personnes. Aquarium géant. Une dizaine de bouteilles de coca et de jus d’orange sur la table, moitiés moins d’alcool en tout genre, wiskis bas de gammes, vodka, pastis.

Et elles.

Putain mais pourquoi je me suis pas rasé… pourquoi je suis venu comme si je venais de me lever… je ressemble à rien la.

Je fais le tour pour dire bonjour à tout le monde, et j’arrive devant elle.

« Bonsoir, Rod »
« Bonsoir, Aurore »
« Enchanté Aurore »

« Ah putain le con il fait style il est polis il se présente et tout ! »

Il fallait bien une une vanne, ça rigolé pas assez.

Brune, environs 1m70, les cheveux longs et raides et des yeux… d’un vert de jade, transperçant n’importe quelle regard qui serait assez fou pour laisser ses yeux trainer. Un regard comme ça… une fille sur cent peut en avoir un. Je reste quelques secondes tétanisé par ce dernier, il me fascine, il me passionne, il faudra que je lui parle photo après car elle ne peut pas me passer entre les doigts.

Je serre encore quelques mains, fait quelques bises et arrive devant elle… beaucoup plus petite, 1m55, les cheveux bruns mi-long attachés à l’arrière, et encore des yeux subjuguant. C’est la soirée. Mais elle, ce n’est pas de photo qu’il faut que je lui parle. Je dois l’analyser, la regarder… savoir qui elle est. Je n’ai même pas demandé son prénom…

Je passe à autre chose, je joue la carte de l’indifférence et discute avec tout le monde. Finalement l’ambiance est bonne, je vais peut être les suivre ce soir.

Et il arriva. Sortant de l’autre pièce. Lui que je n’avais pas vu depuis 1an à cause de ses erreurs.
Je ne sais pas pourquoi, reflexe amical profond, je le prends dans mes bras et l’embrasse.

« Putain Anthony, t’es enfin sorti ? »
« Non, juste pour le week-end, mais je vais peut être sortir plus tôt, d’ici 1mois et demi, j’ai une possibilité de reconversion grâce à un emploi »

Il à rien à foutre en taule ce mec, c’est un ami comme il en faudrait plus souvent. A l’écoute et toujours la pour aider. Un AS.

Finalement j’apprends qu’Aurore est venue avec lui, une amie. L’autre « elle » est sa cousine.
Parfait. J’en saurais plus dans la soirée.

Deux heures du matin.

« Bon les gars on se bouge ? »

Depuis vingt minutes nous définissons les chauffeurs n’ayant pas bus, forcement sur les 23 ils n’en restent presque plus assez pour conduire tout le monde. Mon véhicule n’a que deux places, je propose à une des jeunes filles de prendre sa voiture mais elle n’a presque pas bu alors elle va la prendre. Tant mieux, un véhicule de plus. Je conduirais la Mégane coupé d’un autre ami.

Nous partons en dernier, détour par chez moi pour dépose mon véhicule et c’est partis.

Nous n’étions qu’à deux kilomètres de la discothèque…

Gendarmerie nationale… une des cinq voiture de notre convoi sur le bas coté… Putain il y en a un qui s’est fait serrer.

Les quatre passagers sont dans le froid glacial depuis quinze minutes et attendent la conductrice qui est partis faire des tests plus poussés car l’éthylotest était litigieux.

On reste avec eux par solidarité, ça ne va pas durer longtemps.

Trois heure trente du matin. La discothèque ferme dans une heure. Une heure dans le froid. Gelé.

Je craque, la soirée est totalement gâchée.

« Putain de merde ! Je lui avais proposé de prendre sa voiture pour la conduire ! Pourquoi elle a refusé ? »

Les gendarmes viennent vers nous…

« Votre amie a 0,82 grammes, elle fait les papiers du procès verbal, le véhicule est immobilisé, elle sera la dans un moment. »

Je craque à nouveau et emmène en deux tours cinq des personnes, les autres restent solidaires dans le froid.

La discothèque réchauffe agréablement. Pour 45 minutes seulement.

Elles sont là.

L’une danse avec son amie, l’autre reste pensive assise sur un podium.

Anthony me dis ce que j’ai besoin de savoir. Elle a vingt ans. Célibataire.

Mais je n’y arrive pas. Je bloque. Impossible de lui parler. Pas dans une discothèque.

L’autre accepteras de posé pour moi lorsque je serai prêt pour des essais. La photo est un sujet passionnant pour beaucoup de monde, l’univers est vaste et pleins de variations.

Son numéro est dans mon mobile, son contact MSN également.

La soirée touche à sa fin, il faut maintenant sortir et rejoindre les voitures.

Mais si elle est sa cousine. Je ne la reverrais pas avant longtemps. Je dois essayer. Je n’ai rien à perdre.

« Bonsoir, tu prendrais mal le fait que je te demande ton numéro de téléphone ? »

Mais putain quelle question ridicule… je n’ai jamais fait pire que ça je crois. Son sourire en dit long, elle est amusée par ma question.

« Non bien sur, écris moi un message quand tu veux et n’oublis pas de signer que je sache qui c’est »

Serai-je capable de lui écrire ? Sur le moment je ne pense vraiment pas, je suis trop timide pour expliquer à quelqu’un que je ressens une certaine attirance pour elle. Surtout quand je ne connais pas cette personne.

L’une deviendra une amie. Une confidente, pleine de surprise et d’émotions. Une personne avec qui je peux rester des heures à parler sur MSN sans me poser de questions.

L’autre…

Elle est devenue bien plus en quelques messages… que j’aurais décidément eu beaucoup de mal à envoyer.

Quelle soirée de merde putain.

Et pourtant je n’ai jamais été aussi heureux d’un samedi soir catastrophique.

Aller… le week-end prochain on remet ça.

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